Le chef de la délégation du régime syrien charge son homologue de l’opposition

De nouveaux avions militaires russes ont quitté la Syrie ce matin, conforment à l’annonce de Vladimir Poutine. Ce repli de l’armée russe intervient alors que la question de l’avenir du président Bachar el-Assad reste entière. Damas est sourde aux exigences des opposants syriens et les représentants des deux entités poursuivent leurs pourparlers indirects à Genève. Ce matin c’était au tour de la délégation du régime de retrouver Staffan de Mistura.

Bachar al-Jaafari, le chef de la délégation envoyée par le régime syrien, s’exprimait pour la première fois ce matin depuis l’annonce du retrait russe de Syrie. Une annonce qui n’est pas une surprise, a expliqué le chef de la délégation. « Ce retrait est une décision commune, conjointe de Moscou et de Damas », a-t-il ajouté.

Bachar al-Jaafari ne semble guère déstabilisé par le retrait russe alors même que l’opposition syrienne espérait une inflexion de sa part en raison de ce retrait. Le chef de la délégation gouvernementale ne semble d’ailleurs pas disposé à faire de cadeaux à cette opposition, en tout cas celle représentée par le Haut comité des négociations.

Il a d’ailleurs qualifié le chef de cette délégation de l’opposition, Riad Hijab, de « terroriste », avec lequel il n’est pas question de négocier directement, a-t-il ajouté. Le chef de la délégation gouvernementale a remis en question à plusieurs reprises la représentativité de ce Haut comité des négociations.

« Personne ne peut monopoliser le droit de représenter l’opposition », a-t-il dit. Pour le régime syrien, c’est une façon d’obtenir l’ouverture de ces négociations de Genève à d’autres groupes qui lui seraient plus favorables.

De fait, le médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura, va recevoir le groupe dit « de Moscou ». Un groupe d’opposants qui ne réclame pas le départ de Bachar el-Assad et qui souhaite justement s’inviter à la table des négociations à Genève.

-Brésil: Lula revient aux affaires à un poste de ministre, à l’abri de la justice

L’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a été nommé ministre chef de l’administration civile- sorte de Premier ministre -, par la présidente Dilma Rousseff. La décision vient d’être annoncée après plusieurs jours de suspens, alors que l’opposition mène une offensive en faveur de la destitution de Dilma Rousseff.

Cinq ans après avoir quitté le Planalto, le palais présidentiel à Brasilia, revoilà Lula ! Après plusieurs jours de suspens, Dilma Rousseff a nommé l’ancien président au rang le plus important de son gouvernement : celui de chef de l’administration civile, un poste clé par lequel doivent transiter tous les dossiers.

Lula est chargé de rassembler les parlementaires autour de Dilma Rousseff, et de barrer la route à la procédure de destitution de la présidente, qui doit être votée à la majorité des deux tiers dans les deux chambres du Congrès. Le mouvement populaire favorable à la mise en accusation a rassemblé plus de trois millions de personnes dans les rues, lors de la manifestation de dimanche.

Mais dans le même temps, Lula, qui a récemment été impliqué dans plusieurs affaires, échappe automatiquement à la justice ordinaire et au juge Sergio Moro, qui mène d’une main de fer la grande enquête contre la corruption depuis deux ans. D’après la loi brésilienne, Lula, devenant ministre, ne peut désormais être jugé que par la Cour suprême, ce qui va retarder la procédure.

-Le Canada briguera un siège au Conseil de sécurité de l’ONU

Après avoir été boudé en 2010, le Canada est prêt à reprendre sa place au Conseil de sécurité des Nations Unies, a plaidé Justin Trudeau mercredi à New York.

«Le Canada travaillera activement pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2021-2022, a affirmé M. Trudeau au siège des Nations Unies, accompagné de plusieurs ministres.

«Notre dernier mandat s’est conclu en 2000. Avec notre engagement renouvelé pour la paix et la sécurité internationales, le moment est propice à notre retour», a-t-il ajouté.

Plus tard en journée, le premier ministre a profité de son tête-à-tête avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, pour réaffirmer l’intention du Canada de «cimenter» sa relation avec l’ONU.

L’Irlande et la Norvège espèrent aussi remporter un des deux sièges disponibles. L’élection aura lieu à l’automne 2020, ce qui signifie que Justin Trudeau devra remporter le scrutin fédéral de 2019 s’il souhaite personnellement défendre la candidature canadienne.

Le premier ministre a profité de son allocution pour servir quelques arguments pour le Canada.

«Nous avons démontré que notre respect de la diversité, notre engagement envers l’inclusion et notre foi inébranlable envers les droits de la personne font partie de notre identité», a dit le premier ministre.

Le Conseil de sécurité est composé de cinq membres permanents pourvus d’un droit de veto (Chine, États-Unis, France- Royaume-Uni, Russie). Les membres non permanents, au nombre de dix, ont un mandat de deux ans.

En 2010, le gouvernement de Stephen Harper avait échoué dans sa tentative d’obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité, concédant la victoire au Portugal.

C’était la première fois depuis 1948 que le Canada perdait un vote pour obtenir une place sur ce prestigieux organe de l’ONU, dont la responsabilité principale est le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Le premier ministre a aussi profité de l’occasion pour confirmer son intention d’accroître la participation canadienne aux opérations de maintien de la paix.

Il n’a toutefois pas précisé à quel endroit sur le globe il compte agir en priorité.

«Nous n’avons rien à annoncer pour l’instant, a-t-il dit, soulignant que le Canada a «énormément à offrir», comme des militaires ou des policiers francophones.

-La Fifa accuse l’Afrique du Sud d’avoir acheté le Mondial 2010

Dans des documents rendus publics mercredi 16 mars, la Fédération internationale de football (Fifa) accuse notamment l’Afrique du Sud d’avoir acheté le Mondial 2010 pour 10 millions de dollars.

Pourtant, il y a neuf mois, les Sud-Africains avait justifié la destination de ces fonds.

Dix millions de dollars de pots-de-vin ont été versés en échange d’un soutien pour la candidature de l’Afrique du Sud en 2010, a accusé mercredi, la Fifa. L’Afrique du Sud a toujours reconnu avoir versé dix millions de dollars, et avait ajouté à l’époque qu’il ne s’agissait pas d’un pot-de-vin, mais d’un don à un fonds de développement de la diaspora africaine dans les Caraïbes. C’était il y neuf mois, en juin 2015, lorsque l’enquête sur le scandale de corruption à la Fifa avait épinglé Jack Warner, président de la Confédération de football d’Amérique du Nord d’Amérique centrale et des Caraïbes.

Selon l’acte d’accusation de la justice américaine en juin 2015, l’argent a été viré à cette Confédération en échange de trois voix en faveur de l’Afrique du Sud.
« Comment pourrait-il s’agir d’achat de voix ?, avait répliqué, Danny Jordan, président de la fédération sud-africaine de football et président du comité d’organisation du Mondial. L’argent a été versé en 2008, soit quatre ans après que l’Afrique du Sud a été choisie. »

A l’époque, le ministre des Sports, Fikile Mbalula, avait également réagi avec véhémence accusant les Etats-Unis de vouloir tenir l’image de l’Afrique du Sud. « Il n’y avait absolument rien de corrompu dans cette Coupe du monde. Pas besoin d’enquêter », avait soutenu Mbalula devant le Parlement. Avant d’ajouter que si certaines personnes ont détourné cet argent, « cela ne nous regarde pas. C’est à eux de s’expliquer. »

Aujourd’hui, l’affaire a refait surface, et il se pourrait bien que l’Afrique du Sud soit obligée de s’expliquer à nouveau.

-Corée du Nord: un étudiant américain condamné à 15 ans de travaux forcés

Quinze ans de travaux forcés : c’est la condamnation infligée ce mercredi 16 mars par la Corée du Nord à un étudiant américain accusé d’avoir volé une affiche arborant un slogan politique dans son hôtel à Pyongyang. Ce ressortissant américain avait été arrêté en janvier à l’issue d’un voyage touristique organisé dans le « pays ermite ». Cette condamnation intervient alors que les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont particulièrement houleuses.

La Corée du Nord a trouvé un moyen de plus pour faire pression sur les Etats-Unis. Elle a condamné Otto Warmbier, un touriste américain de 21 ans, à 15 ans de travaux forcés pour le supposé vol d’un poster de propagande dans un hôtel de Pyongyang.

Les autorités ont qualifié ce vol de « complot anti-régime » fomenté avec « la connivence du gouvernement américain » dans le but « d’ébranler l’unité du peuple » nord-coréen. Fin février, le régime avait diffusé une vidéo où l’étudiant éclatait en sanglot et avouait ses prétendus crimes.

Avant Otto Warmbier, plusieurs Américains ont été arrêtés par la Corée du Nord, accusés d’espionnage ou d’activités prosélytes. Cette nouvelle condamnation intervient alors que Washington tente par tous les moyens d’asphyxier économiquement le régime, en réponse à ses récents essais nucléaire et balistique.

Depuis début mars, Etats-Unis et Corée du Sud mènent aussi d’importants exercices militaires conjoints. Dans ce contexte tendu, Pyongyang espère sans doute se servir du jeune touriste pour forcer son ennemi américain à discuter.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

I agree to these terms.