La Corée du Nord, entre affirmations invérifiables et menace crédible

La Corée du Nord a déclaré avoir l’intention d’envoyer un satellite dans l’espace entre le 8 et 25 février. Cette annonce a été largement condamnée par la communauté internationale. La Chine a exprimé ses « graves inquiétudes », le Japon et la Corée du Sud prévoient même d’ouvrir le feu sur tout projectile qui menacerait leur territoire.

Ces pays, ainsi que les États-Unis, craignent que cette annonce couvre un tir de missile, tandis que la Corée du Nord assure que son programme spatial a des visées purement scientifiques. Mais les affirmations du régime le plus fermé au monde sont souvent invérifiables. Petite rétrospective.

Depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un, à la suite de la mort de son père, Kim Jong-il, fin décembre 2011, Pyongyang s’est lancé dans une surenchère pour développer un programme de missiles balistiques. La perspective de voir ce pays se doter de l’arme nucléaire effraie une grande partie de la communauté internationale. En premier lieu, la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis, que la propagande nord-coréenne présente comme ses « ennemis ».

Une fusée lancée… qui explose au bout de 90 secondes

Dès le début 2012, la Corée du Nord ravivait l’inquiétude de ces pays en annonçant qu’elle allait lancer, le 13 avril de la même année, Unha-3, une fusée porteuse d’un satellite. Fait rare, des médias occidentaux sont même autorisés à rentrer dans le pays pour filmer l’événement.

Mais la fusée avait finalement explosé 90 secondes après son lancement. C’était le troisième échec pour une fusée Unha. Pourtant, le régime nord-coréen affirme que les deux premières fusées Unha ont été placées en orbite, ce qui est contesté par les spécialistes américains et russes.

Lors de ce même mois d’avril 2012, le pays inscrit dans sa Constitution que la Corée du Nord est un « Etat nucléaire ».

Un satellite mis sur orbite, mais hors de contrôle

Un autre satellite est donc lancé le 12 décembre 2012. Ce lancement, recourant à la technologie des missiles balistiques, et la mise sur orbite du satellite, étaient une réussite. Une première pour la Corée du Nord. Pourtant, cette manœuvre violait les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, qui interdisent à Pyongyang tout essai nucléaire ou tir de missile balistique.

Selon les autorités nord-coréennes, ce satellite a permis de « collecter des données sur la météo et sur les ressources naturelles ». Mais selon Antoine Bondaz, coordinateur du programme Corée au sein d’Asia Centre, « ce satellite est toujours en orbite, mais c’est surtout un objet qui fait bip-bip et qui tourne autour de la Terre. Tout porte à penser que ce n’est pas un satellite aussi développé que ceux des Etats-Unis, par exemple ».

Un essai nucléaire pris très au sérieux

Un mois plus tard, après la condamnation par le Conseil de sécurité de ce lancement, la Corée du Nord annonce vouloir procéder à un nouvel essai nucléaire, après ceux de 2006 et 2009. Celui-ci a lieu le 12 février 2013. Il est très largement condamné par la communauté internationale et par le Conseil de sécurité.

Cet essai nucléaire déclenche la crise des missiles nord-coréens de 2013, qui marque une escalade de la rhétorique belliqueuse de Kim Jong-un. « Il faut prendre au sérieux ces essais nucléaires, avertit Marianne Péron-Doise, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire. Il n’y a pas beaucoup de pays qui sont capables d’en faire. »

Un missile balistique qui échoue, et une bombe H qui n’en serait pas une

Le 28 novembre 2015, le pays annonce qu’il a lancé un missile balistique depuis un sous-marin. Cela aurait été une première, mais celui-ci a finalement échoué. « La Corée du Nord n’a pas les capacités de faire ce lancement. Les photos que l’on a pu voir étaient trafiquées. Ce n’était tellement pas crédible que la communauté internationale ne l’a même pas condamné », explique Antoine Bondaz.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un annonce ensuite, le 10 décembre, que son pays est « capable de faire exploser des bombes A et H ». Le 6 janvier 2016, la Corée du Nord annonce ainsi avoir effectué un essai nucléaire et fait exploser une bombe à hydrogène. Pourtant, de nombreux experts du nucléaire doutent de la véracité de cette explosion : « Je ne pense pas que c’était une bombe H car l’explosion aurait été bien plus forte », explique ainsi Choi Kang, vice-président de l’Institut pour les études politiques, ce que confirme Bruce Bennett, analyste à la Rand Corporation.

La menace serait « crédible »

Une telle bombe représenterait une avancée importante de la force de frappe nucléaire du pays et constituerait une menace crédible contre les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud. « On peut douter de la maîtrise de la bombe H par la Corée du Nord. Le pays joue d’ailleurs sur l’ambiguïté entre ses affirmations invérifiables et ses vraies capacités. Mais ses capacités sont réelles, c’est une menace crédible », selon Marianne Péron-Doise, également capitaine de frégate.

Jean-Louis Margolin, spécialiste de l’Asie et maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Provence Aix-Marseille I, relativise : « C’est certes un pays menaçant et imprévisible, mais les technologies dont il dispose datent des années 1950-1960, ce n’est pas la pointe de la technologie. La Corée progresse, mais lentement, car il leur reste, notamment, à miniaturiser les missiles. » La miniaturisation lui permettrait, en effet, de pouvoir de disposer de l’arme nucléaire, dissuasive partout dans le monde.

Lancement de satellite ou missile déguisé ?

Pour ce mois de février, la Corée du Nord a averti qu’elle allait lancer une fusée transportant un satellite dans l’espace. « La subtilité réside dans le fait que ces lancements de satellites sont perçus, par les Etats-Unis, comme des missiles balistiques déguisés. Car la technologie balistique qui est utilisée pour lancer une fusée a un double usage à la fois civil et militaire. Aujourd’hui, on sait que la Corée du Nord peut lancer un satellite en orbite avec cette technologie, mais elle n’est pas capable de le rediriger vers une cible terrestre, ce qui lui permettrait d’avoir cet usage militaire », explique Antoine Bondaz.

Les dates choisies pour le lancement du satellite, entre le 8 et le 25, laissent penser que le tir pourrait avoir lieu le 16 février. Ce sera le jour de l’anniversaire de l’ancien dirigeant du pays, Kim Jong-il, décédé, et père de l’actuel chef d’Etat Kim Jong-un.

Pour Antoine Bondaz, « la succession de ces annonces en janvier et en février sont importantes pour Kim Jong-un. Il en a besoin pour sa politique intérieure, avec le 7e congrès du Parti des travailleurs, qui aura lieu en mai prochain. Il aura comme objectif de renforcer encore sa propre autorité, mais aussi celle du Parti, aux dépens de l’armée ».

Marianne Péron-Doise, également auteur de l’article La prochaine guerre de Corée sera-t-elle nucléaire ? (in La guerre de Corée et ses enjeux stratégiques de 1950 à nos jours, éditions L’Harmattan, 2013), explique : « La Corée du Nord ne peut survivre que grâce à la crainte qu’elle inspire, tant à sa population qu’à la communauté internationale. Il lui faut donc sans cesse apporter la preuve de sa puissance et entretenir des tensions. Comme les sanctions internationales ne viennent pas à bout de la résilience du régime, la Corée du Nord est aujourd’hui dans une stratégie de survie et n’a rien à perdre. Si elle se sent menacée, elle n’hésitera pas à répliquer. »

-Assange: Suède et Royaume-Uni doivent «appliquer le verdict» de l’ONU

Julian Assange vit dans les locaux de l’ambassade équatorienne à Londres depuis 4 ans. Le fondateur du site internet WikiLeaks s’y est réfugié pour échapper à un mandat d’arrêt international. Un comité d’experts de l’ONU considère cette détention comme illégale et demande à la Suède et au Royaume-Uni de l’indemniser. Julian Assange, au cours d’une conférence de presse, évoque une « victoire significative ».

Pour les défenseurs de Julian Assange, l’avis rendu par le groupe de travail de l’ONU est un « acte d’accusation retentissant contre la Suède et le Royaume-Uni » et prouve à quel point l’Australien est la victime de multiples erreurs judiciaires. De son côté, le fondateur de Wikileaks s’est exprimé brièvement ce vendredi 5 février à la mi-journée lors d’une vidéo-conférence depuis l’ambassade d’Equateur. En costume-cravate et portant barbe et cheveux courts, Il a parlé de « victoire significative » et a estimé que l’avis de l’ONU était contraignant car il s’appuie sur le droit international auquel doivent se conformer Londres et Stockholm.

Julian Assange a par ailleurs jugé « insultants » les propos du ministre des Affaires étrangères britanniques. Philip Hammond avait un peu plus tôt traité de « ridicules » les conclusions du panel de l’ONU et les avait catégoriquement rejetées. Julian Assange a conclu que la balle était désormais dans le camp du Royaume Uni et de la Suède. Les deux pays ont selon lui épuisé leurs arguments et n’ont pas la possibilité de faire appel, ils doivent, a encore martelé l’Australien, respecter les conclusions du groupe de l’ONU au risque d’affaiblir l’importance des institutions onusiennes.

Une réaction exaspérée du Foreign Office

Néanmoins il semble assez clair au vu de la réaction exaspérée du Foreign Office que Londres n’a pour l’instant aucunement l’intention de céder. « Julian Assange n’a jamais été détenu arbitrairement par le Royaume-Uni », a insisté le porte-parole du gouvernement, affirmant que « l’opinion du groupe de travail de l’ONU ignore les faits et les protections largement reconnues du système judiciaire britannique ». Même son de cloche du côté de la Suède qui « n’est pas d’accord » avec l’avis de l’ONU.

Cet avis de l’ONU, rendu ce vendredi matin, a déclenché rapidement des réactions de la part des pays concernés par la situation du fondateur de WikiLeaks, retranché depuis trois ans et demi dans l’ambassade d’Equateur à Londres et qui revendique sa liberté de mouvement. Les justices britannique et suédoise restent donc déterminées à le poursuivre et insistent sur le fait qu’Assange est entré de son plein gré à l’ambassade équatorienne à Londres.

L’Australien de 44 ans a réaffirmé son intention de demander la restitution de son passeport. Poursuivi pour viols en Suède, Assange a toujours nié les faits et a toujours dit être la victime d’une chasse aux sorcières dirigée par les Etats-Unis après la divulgation de centaines de milliers de documents militaires et diplomatiques américains confidentiels sur le site WikiLeaks.

-Pékin confirme l’arrestation de trois libraires hongkongais disparus

Nouveau rebondissement dans l’affaire des cinq libraires hongkongais disparus. Pour la première fois, la police chinoise a confirmé que trois parmi ces hommes ont été arrêtés. Ils sont accusés d’« activités illégales sur le continent chinois ». Leur disparition avait profondément choqué les Hongkongais par peur de perdre leurs libertés pourtant garanties par la Chine.

Des officiers de la sécurité publique de la province de Guangdong ont adressé une lettre à leurs collègues à Hong Kong : Lui Por, Cheung Chi-ping et Lam Wing-kee se trouvent en détention en Chine, soupçonnes d’être « impliqués dans des activités illégales ».

Ces trois hommes et deux autres avaient disparu ces derniers mois de manière mystérieuse. Tous les cinq travaillaient pour la maison d’édition hongkongaise Mighty Current, connue pour ses publications-chocs sur des dirigeants chinois.

Pourquoi sont-ils aujourd’hui visés par la police chinoise ? L’écrivain Xi Nuo, basé aux Etats-Unis, croit savoir que c’est à cause d’un livre sur la vie intime du président chinois Xi Jinping dont il est le coauteur. Un livre que Mighty Current se préparait à publier. « Ils n’y sont pour rien », dit Xi Nuo dans une interview donnée à la BBC, et demande : « pourquoi la police chinoise ne vient-elle pas nous chercher à New York ? »

-Une réforme de l’orthographe vieille de 26 ans bientôt appliquée

Adoptée il y a 26 ans, la réforme de l’orthographe n’a jamais vraiment été appliquée en France. Quelques manuels scolaires l’avaient intégrée mais son application sera généralisée à tous les livres scolaires dès la rentrée 2016.

Approuvée par l’Académie française en 1990, la réforme de l’orthographe a été appliquée pour la première fois en 2008. Le ministre de l’Education nationale de l’époque, Xavier Darcos, l’avait fait revivre en intégrant les rectifications de l’orthographe proposé par le Conseil supérieur de la langue française dans les manuels du programme scolaire. Quelques éditeurs avaient alors utilisé cette nouvelle orthographe mais les enseignants, eux, s’ils n’étaient pas au courant, ne l’utilisaient pas du tout.

Objectif : simplifier l’écriture de quelques mots

Pour l’instant, les rectifications concernent 4{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} des mots seulement et ne s’appliquent pas au programme des collèges. Il s’agit de simplifier l’écriture de quelques mots, comme par exemple « nénuphar ». Désormais le mot pourra s’écrire avec un « f », soit « nénufar ». Ensuite, quelques traits d’union vont disparaître comme dans le mot « pique-nique » qui pourra s’écrire en un seul mot. Enfin, des accents circonflexes vont également disparaître dans certains cas, comme ceux que l’on met habituellement sur les « i » des mots « maître » ou « abîme ».

En tout, ce seront quand même plus de 2 400 mots qui auront une nouvelle orthographe. Et pour simplifier le tout, cette réforme n’est pas obligatoire. Ainsi, les deux orthographes pourront cohabiter.

La réforme crée la polémique

Ces modifications ont provoqué une levée de bouclier, notamment sur les réseaux sociaux. Depuis mercredi 3 février, les commentaires fusent sur la toile et beaucoup d’internautes s’indignent de la simplification de l’orthographe française. « L’orthographe est le visage des mots. Renoncer à l’orthographe, c’est défigurer notre langue! » a commenté Bruno Lemaire, membre du parti Les Républicains (LR).

Pour l’Union nationale interuniversitaire, la réforme aboutira à un véritable appauvrissement de la langue française. De plus, pour certains pourfendeurs de la réforme, cette mesure risque de troubler les élèves qui se retrouvent désormais avec deux orthographes différentes pour un seul mot. D’autant plus que les rectifications seront apportées uniquement dans les manuels scolaires jusqu’en CM2, l’orthographe traditionnelle restant de rigueur au-delà.

L’académicien Jean d’Ormesson considère, pour sa part, qu’il y a quelque chose de scandaleux à mette à l’ordre du jour la réforme de l’orthographe alors que des préoccupations plus importantes se font entendre partout dans le pays, notamment chez les agriculteurs ou les chauffeurs de taxis. Il s’agit, selon lui, d’une façon de détourner l’attention des français par des réformes qui n’ont aucune importance.

Des voix s’élèvent tout de même pour soutenir la simplification de l’orthographe. La langue française contient bon nombre de pièges et d’exceptions, ce qui la rend difficile aux yeux des élèves mais aussi des étrangers !

-Décès de Maurice White, fondateur de Earth Wind and Fire

Maurice White, le fondateur du groupe américain Earth, Wind and Fire est décédé chez lui, à Los Angeles, à 74 ans. « Il est mort paisiblement la nuit dernière pendant son sommeil », a annoncé jeudi son frère et membre du groupe, Verdine White, sur Facebook. Souffrant de la maladie de Parkinson, Maurice White avait arrêté les tournées depuis plusieurs années, mais son groupe aux tubes légendaires et aux 100 millions d’albums vendus avait su créer un style unique.

Earth, Wind and Fire aura fait danser la planète avec des dizaines de tubes dont Boogie Wonderland, sortie en 1979, en pleine période disco. C’est Maurice White, batteur et chanteur, qui crée le groupe en 1969 à Chicago. Digne héritier des grands noms du jazz, il invente un son qui lui est propre, mélangeant R’n’B, rock, soul et funk ainsi que des éléments empruntés à différentes traditions musicales (africaines, brésiliennes, cubaines…), ce qui donnera une identité musicale très forte et très riche au groupe et inspirera de nombreux musiciens de la jeune génération.

A la Maison-Blanche avec Barack Obama

Earth, Wind and Fire est aussi la première formation de musiciens noirs à se produire à guichets fermés au prestigieux Madison Square Garden, à New York. Maurice White sera l’un des premiers invités à la Maison-Blanche lors de l’arrivée de Barack Obama en 2009.

Donner de l’espoir aux gens

Musicien et homme de spectacle à l’instinct infaillible, Maurice White aura également produit de nombreux artistes comme Barbara Streisand. Il sera parvenu à travers Earth, Wind and Fire à rapprocher les différentes communautés par la danse sans jamais parler politique, souhaitant que simplement sa musique ou que les spectacles du groupe, bourrés d’énergie, donnent de l’espoir aux gens.

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