Yémen: l’ONU impose un embargo sur les armes à destination des Houthis

Cela fait près de 3 semaines que l’Arabie Saoudite et ses alliés mènent des raids aériens sur le Yémen pour y frapper les Houthis. Ce mardi, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution exigeant le retrait des miliciens chiites et imposant un embargo sur les armes à destination des Houthis. Les Etats-Unis ont sommé Téhéran de ne pas livrer d’armes aux rebelles houthis et de respecter l’embargo.

Quatorze des quinze pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté en faveur de la résolution, seule la Russie s’est abstenue. L’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine, qui n’a pas voté le texte, a souligné que Moscou aurait préféré que « l’embargo sur les armes soit total », c’est-à-dire concerne les deux camps et pas seulement les Houthis.

Le texte demande aux rebelles Houthis de cesser les hostilités «immédiatement et sans conditions » et de se retirer des zones qu’ils ont conquises ces derniers mois y compris Sanaa, la capitale.

La résolution impose un embargo sur les armes à destination des Houthis. Elle sanctionne en outre le chef des rebelles Abdel Malek Al Houthi et l’un de ses alliés (Ahmed Ali Abdallah Saleh, fils de l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh), tous deux frappés d’un gel de leurs avoirs et d’une interdiction de voyager.

Le texte appelle toutes les parties au conflit à négocier la fin rapide des hostilités et à « redoubler d’efforts pour faciliter la livraison d’aide humanitaire et l’évacuation des civils ».

En revanche, aucune exigence de suspension des bombardements n’est adressée à l’Arabie Saoudite et aux autres pays de la coalition qui frappent le Yémen depuis le 26 mars dernier. Des opérations qui ont déjà fait plus de 600 morts, selon l’ONU.

-Un an après leur enlèvement, que sont devenues les lycéennes de Chibok?

Au Nigeria, il y a un an, 276 lycéennes de la ville de Chibok, au nord-est du pays, ont été enlevées par des hommes de Boko Haram. Le rapt a lieu de nuit, alors que les élèves dorment dans l’internat de leur école. Une cinquantaine de jeunes lycéennes parviennent toutefois à prendre la fuite. Mais les 200 autres sont emmenées de force par les hommes de Boko Haram. Cet enlèvement a suscité l’émoi de la communauté internationale. Depuis peu d’informations circulent sur leurs conditions de captivité.

En un an, très peu d’informations ont filtré sur le sort des filles de Chibok. Mais ponctuellement, au cours de l’année, le groupe Boko Haram a posté des vidéos sur Internet, dans lesquelles on obtient quelques informations sur leurs conditions de détention. Dans une première vidéo, Abubakar Shekau, affirme que les filles de Chibok ont été mariées de force à des membres de son groupe. Puis une seconde vidéo les montre voilées, confirmant qu’elles auraient été converties de force à l’islam.

Des informations que semble confirmer cette jeune chrétienne de Gwoza, qui a été elle-même mariée de force. Elle affirme avoir appris le Coran avec les filles de Chibok : « La plupart de ces filles ont également été mariées de force. Elles portaient toutes le hijab. Elles ont été mariées à des Kanuri. Certaines étaient mariées à des Fulani. A chaque fois qu’on se voyait, elles se mettaient à pleurer, à pleurer très fort. Elles avaient vraiment l’air malheureuses. Elles sont sans espoir. Elles regrettent leur vie normale. Que peuvent-elles bien faire ? Elles ne peuvent pas courir et s’enfuir. Il y avait des hommes armés partout. Donc leur seul moyen de s’exprimer, c’était de pleurer ».

Cet enlèvement avait soulevé un émoi. D’une part parce qu’il s’agit d’un enlèvement de masse : ce sont plus de 200 jeunes filles qui ont été kidnappées en une nuit. Ensuite, parce que le groupe Boko Haram s’en est pris à un symbole : l’enseignement de type « occidental » comme ils le qualifient, par opposition à leur idéologie radicale. En enlevant les filles de Chibok, Boko Haram a voulu exprimer son rejet de la transmission de l’éducation à l’occidentale.

Plus de 2 000 kidnappings

De manière plus large, les combattants de Boko Haram s’en prennent aux hommes politiques, aux fonctionnaires, aux bénévoles qui ont rejoint des unités civiles de lutte contre leur mouvement. Ils s’en prennent surtout aux civils. Amnesty International estime à plus de 2 000, le nombre d’enlèvements de femmes. Sur la base de 400 témoignages, cette ONG dénonce des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, commis par Boko Haram.

« Plus de 5 500 personnes ont été tuées par Boko Haram depuis janvier 2014, y compris pendant les massacres de gangs en vigueur dans les villes attaquées ou contrôlées par Boko Haram. Ils ciblent spécifiquement les civils de manière systématique, ce qui constitue les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Je peux vous donner quelques exemples : il y avait des centaines de personnes tuées dans la ville de Magdalé en décembre parce qu’elles ont refusé de rejoindre les rangs de Boko Haram et plus de 600 personnes tuées quand Boko Haram a pris le contrôle de Gwoza en juillet », explique Steve Cockburn, directeur régional pour Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du centre.

Dans tous les cas, les familles de victimes continuent de se mobiliser, notamment autour du mouvement Bring Back Our Girls, qui initie depuis un an, une vaste campagne de sensibilisation à travers les réseaux sociaux. Ces derniers jours, ce collectif multiplie les veillées silencieuses dans les principales villes du pays, pour faire pression afin que les recherches se poursuivent.

« Aujourd’hui, nous n’avons pas d’indication montrant que les filles ont été tuées. Nous nous réjouissons des dernières progressions militaires dans le Nord, notées ces deux derniers mois. Nous n’avons pas lu ou entendu le moindre rapport faisant état de leur disparition. Donc tant que nous n’aurons pas de telles preuves, nous continuerons de demander au gouvernement de maintenir ses efforts pour les retrouver le plus vite possible », explique Rotimi Olawale.

Ce mardi, à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, plusieurs centaines d’écoliers devraient s’associer à cette démarche en soutien aux lycéennes de Chibok.

-Un accord «pétrole contre nourriture» entre la Russie et l’Iran

D’après le gouvernement russe, Moscou et Téhéran ont entamé un programme « pétrole contre marchandise ». C’est le vice-ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Riabkov qui a vendu la mèche. Cette annonce intervient juste apres celle de la levée de l’embargo russe sur la livraison de missiles sol-air S-300 à l’Iran.

Le porte-parole du Kremlin n’a pas voulu donner de précision, mais il a confirmé qu’ un accord « pétrole contre marchandises » était bien entré en vigueur entre la Russie et l’Iran. Le ministre de l’Energie, Alexandre Novak a refusé de s’exprimer sur le sujet. Mais selon le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, Moscou aurait déjà livré des céréales, des biens d’équipements et du matériel de construction.

D’après l’agence de presse Reuters, il s’agirait d’ un échange d’une vingtaine de milliards de dollars de biens, contre la livraison de 500 000 barils par jour de pétrole iranien.

Cet accord fait l’objet de discussions depuis un an environ. A l’époque, Washington avait fait part de son inquiétude, car cela aurait permis à Téhéran d’augmenter ses exportations de 50{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9}. En août dernier, le journal Kommersant évoquait un possible troc portant sur un volume plus réduit de 70 000 barils par jour.

Pour la Russie, un tel échange n’est pas interdit par le régime de sanctions imposées à l’Iran en raison de son programme nucléaire. La Russie a déjà un pied en Iran, notamment dans l’industrie nucléaire, puisqu’elle contribue à la mise en service de la centrale de Boushehr, et a signé un accord en novembre dernier sur la construction de deux nouveaux réacteurs.

-Comment la peau blanche est venue aux Européens il y a 8000 ans

Apparu sur Terre il y a plus de 2 millions d’années, l’hominidé des origines avait la peau plutôt foncée et… couverte de poils. Localisé en Afrique de l’Est ou en Afrique du Sud, notre ancêtre australopithèque est remonté au fil des migrations vers le Nord. A climat différent, peau différente. C’est ainsi qu’il y a environ huit millénaires, les premiers « Européens » à la peau blanche seraient apparus.

Les premiers groupes humains qui se sont installés en Europe, il y a quarante mille ans, avaient la peau foncée. Une caractéristique qu’ils conserveront plusieurs dizaines de milliers d’années, rappelle Science Magazine, qui cite de récents travaux présentés fin mars lors du congrès annuel des anthropologues américains. Ceux-ci viennent ainsi de démontrer que les habitants du continent européen avaient toujours la peau pigmentée il y a 8 500 ans.

Deux gènes impliqués

Pour le démontrer, étant donné que la peau ne se « fossilise » pas, les chercheurs ont étudié et comparé les génomes de 83 squelettes découverts sur différents sites archéologiques européens (Espagne, Luxembourg, Hongrie). Ce sont les mêmes scientifiques qui avaient révélé en février dernier que les Européens modernes descendaient pour la plupart de trois populations du Néolithique. Des chasseurs-cueilleurs arrivés depuis le Paléolithique, des fermiers venus du Proche-Orient il y a 7 800 ans et des éleveurs de troupeaux, les Yamnaya.

Ces derniers, les Yamnaya, sont arrivés depuis les steppes situées au nord de la mer Noire : les chercheurs pensent d‘ailleurs que ce sont eux qui pourraient avoir introduit les langues indo-européennes en Europe. Selon l’étude présentée lors du Congrès des anthropologues, cette population serait arrivée il y a environ 4 500 ans. Ensuite, c’est le mélange entre les trois groupes dispersés au nord de l’Europe qui est à l’origine de l’éclaircissement de la peau. Une simple question de sélection génétique a présidé à cette modification.

Vivant dorénavant dans une région faiblement ensoleillée par rapport à l’Afrique originelle, la production de mélanine de ces individus s’est modifiée de façon à favoriser la synthèse de la vitamine D. Cette mutation qui favorise la dépigmentation de la peau a été identifiée par les scientifiques en comparent les génomes des 83 squelettes entre eux et avec ceux d’un millier d’Européens contemporains. Ils ont ainsi pu observer qu’elle ne concernait que deux gènes ; le SLC24A5 et le SLC45A2 dont l’absence est associée à une teinte claire de la peau.

Yeux, peau et cheveux

Cette sélection se serait produite il y a environ 8 000 ans ce qui est relativement récent à l’échelle de l’histoire d’Homo Sapiens. Les mêmes chercheurs ont également isolé sur des restes humains (datant de 7 700 ans) trouvés au sud de la Suède les deux variants de la peau claire, mais aussi un troisième gène modifié, le HERC2/OCA2 qui signe les yeux bleus et pourrait être associé à la peau blanche et aux cheveux blonds.

D’autres caractéristiques génétiques ont été trouvées comme celles issues d’interactions complexes favorisant la haute taille, cela dans le nord et le centre de l’Europe. Les premières traces datant de 8 000 ans se sont vues nettement multipliées à partir de 4 800 ans, une période coïncidant avec l’arrivée des Yamnaya. Les travaux présentés lors du Congrès ont par ailleurs montré que ces nouveaux caractères génétiques se sont répandus en Europe bien plus rapidement que ce que les recherches antérieures laissaient supposer.

 

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

I agree to these terms.